Ju-Jitsu

 

En japonais, Ju-Jitsu peut être traduit par « art doux », « technique de souplesse » ou « méthode permettant d’utiliser au mieux la souplesse ».
On rencontre différentes orthographes : ju-jitsu, ou jujutsu ou encore jiu-jitsu mais ju-jitsu est la plus fréquemment utilisée dans les langues francophones.
L’âme du ju-jitsu est le ju, traduit par « souplesse ». Il est dit que « Ju yoku go o sei suru » : le doux vainc le dur.
Ses techniques sont classées en 3 catégories principales : Atemi waza (technique de frappe) ; Nage waza (technique de projection) et Katame waza (technique de contrôle).

La véritable origine du ju-jitsu semble incertaine en regard du nombre de versions qui nous sont parvenues à travers l’histoire mais il est sûr qu’il est né des guerriers japonais il y a au moins six cent ans. Il n’a cessé d’évoluer au fil du temps, des techniques de combat et des armes utilisées.

A la base, le ju-jitsu des guerriers consistait en des techniques dangereuses et souvent mortelles. Pratiqué au début par les samouraïs, puis par les ninjas, le ju-jitsu devint une technique employée plus tard par les bandits. C’est pour cela qu’il finit par avoir mauvaise réputation. A la fin du XIXe siècle, Jigoro Kano s’en inspira pour créer le judo en ne gardant que les techniques non dangereuses, par opposition au mortel ju-jitsu. Il inspira aussi d’autres formes d’arts martiaux tels que l’aïkido ou plus récemment le ju-jitsu brésilien.
De nos jours, la plupart des forces armées et des forces de police s’inspirent principalement des techniques du ju-jitsu dans leurs entraînements au combat rapproché. Sportivement, il a été supplanté entre autres par le judo, le karaté, l’aïkido et le kung-fu .Il reste apparenté à une technique de combat réel dont découlent à peu près toutes les techniques des arts martiaux d’origine orientale.
Le ju-jitsu fut apparemment développé au Japon par les guerriers (bushi) entre le XIIe et le XIVe siècle après JC à l’époque de Kamakura, l’ère féodale, mais les bases de cet art martial sont certainement plus anciennes et remontent probablement au VIIIe siècle, époque à laquelle l’empereur Kammu construisit le Butokuden, la première école (ryu) qui formait les samouraïs.
Le but de cette technique de combat était de pouvoir se défendre à mains nues contre un adversaire armé. Après avoir été développé dans différentes écoles, ces dernières améliorèrent les techniques primitives en leur associant des mouvements et des contre-prises adoptés par les paysans d’Okinawa et les arts martiaux chinois (Shaolin, wushu).Le ju-jitsu fut introduit en Chine par Chen Yuan-Bin (1587-1671), un poète et diplomate chinois envoyé au Japon. La codification de ces techniques remonte à l’époque Meiji (fin du XIXe – début du XXe siècle) lorsque les samouraïs furent déchus de leurs privilèges.

 

La légende du docteur Akiyama

Il y a très longtemps vivait au Japon un certain docteur Akiyama. Lors d’un voyage en Chine, il fit la connaissance, en Mandchourie, d’une secte religieuse qui pratiquait une sorte d’autodéfense basée sur la connaissance du corps humain. Le docteur ne put prendre part aux entraînements mais fut autorisé à regarder les exercices. La discipline, qui s’appelait hakuda, permettait de se défaire d’un adversaire armé et visiblement plus fort. De retour au Japon, il essaya d’enseigner ces techniques à sa famille. Mais comme il n’avait pas pratiqué, il ne comprit pas le principe de base du hakuda. Ce principe, il le trouva d’une manière très naturelle. Il constata que durant l’hiver, les grosses branches du chêne se cassent sous le poids de la neige, alors que les fines branches du saule se plient et rejettent la neige. Voilà ce qu’était l’esprit du hakuda : employer la violence et le poids de l’adversaire pour le terrasser. Il nomma cette nouvelle méthode de combat le jujutsu, l’art doux.

Note : on retrouve le ploiement des branches sous la neige dans la légende de la création du judo, mais l’observation qui en est faite est attribuée à un moine.

 

La période Edo, du début du XVIIe à la fin du XIXe siècle fut caractérisée par la fin des guerres au Japon ce qui mis les samouraïs dans la difficulté. En effet, sans batailles, ils n’avaient plus de revenus et beaucoup d’entre eux se tournèrent alors vers l’enseignement du ju-jitsu. D’autant plus qu’ils perdaient leur statut s’il se détournaient de leur voie martiale. C’est à cette époque que l’on vit apparaître les rônins, samouraïs sans maître qui contribuèrent à apparenter le ju-jitsu au banditisme et par là même à lui donner mauvaise réputation.
Plus tard, un édit impérial déclara criminelle la pratique des arts martiaux ancestraux ce qui n’empêcha pas certains maîtres de continuer à enseigner et pratiquer en secret afin que leur art ne se perde pas. Certains même s’expatrièrent et permirent à leur art de se répandre dans le monde. En 1951, fin de la période d’occupation américaine, le ban sur le ju-jitsu fut levé et il put être de nouveau pratiqué librement.